Lectures in the Mood #22

14 septembre 2023

L’émission littéraire proposée par Josiane Guibert qui vous fait partager ses découvertes, ses points d’intérêts et ses coups de cœur.
Au Sommaire : Au sommaire de cette émission du 12 octobre 2023. L’inventeur, de Miguel Bonnefoy aux éditions Rivages. Quelqu’un ment, de Sandra J. Paul aux éditions L’oiseau noir. Quelques nouveautés de la rentrée : Les Fantômes de Kiev de Cédric Bannel aux éditions XO. Post Frontière de Maxime Gillio chez Talent Éditions. Aruba d’Éric Jacobs aux éditions Éric Jacobs. |

L’inventeur, de Miguel Bonnefoy aux éditions Rivages ;
Commençons par le texte de 4e de couverture :
« Voici l’extraordinaire destin d’Augustin Mouchot, fils de serrurier, professeur de mathématiques, qui, au milieu du XIXe siècle, découvre l’énergie solaire.
La machine qu’il construit, surnommée Octave, finit par séduire Napoléon III. Présentée plus tard à l’Exposition universelle de Paris en 1878, elle parviendra pour la première fois, entre autres prodiges, à fabriquer un bloc de glace par la seule force du soleil.
Mais l’avènement de l’ère du charbon ruine le projet de Mouchot que l’on juge trop coûteux. Dans un ultime élan, il tentera de faire revivre le feu de son invention en faisant « fleurir le désert » sous le soleil d’Algérie.
Avec la verve savoureuse qu’on lui connaît, Miguel Bonnefoy livre dans ce roman l’éblouissant portrait d’un génie oublié.
Miguel Bonnefoy est l’auteur de plusieurs romans très remarqués, dont Le voyage d’Octavio (prix de la Vocation), Sucre noir et Héritage (prix des Libraires 2021). Son œuvre est traduite dans une quinzaine de pays. »
Ce livre est l’histoire romancée et passionnante d’un professeur de mathématiques de constitution fragile qui voit sa vie et sa carrière bouleversées grâce aux livres !
En effet, au hasard d’une nomination, il va loger dans l’appartement du colonel Buisson, grand amateur de livres scientifiques et se plonge aussitôt dans l’exploration d’une bibliothèque incroyable qui regroupe des ouvrages variés d’Archimède à Buffon, en passant par Honoré Bénédict de Saussure qui, en 1774, met au point un appareil pour étudier les effets calorifiques du soleil.
À partir de ce moment, Augustin Mouchot va consacrer toute son énergie au soleil et à l’énergie solaire. Hélas, alors qu’il n’a pas de talent de communication et qu’on se trouve en plein essor de l’exploitation du charbon et bientôt du pétrole, son invention n’aura pas la reconnaissance qu’il aurait pu attendre !
J’ai beaucoup apprécié ce livre lu en deux jours !
D’une part pour le sujet, très actuel. Pourtant, personne de connaît Augustin Mouchot et ce roman contribuera peut-être à le sortir de l’oubli.
Ce qui est intéressant également dans ce roman, c’est le contraste entre cet homme de l’ombre, effacé, maladif, qui mène une vie étriquée, et le soleil, symbole de la lumière et de la chaleur !
Mais surtout, il faut saluer le style de l’auteur qui, sur des personnages obscurs, sur des faits d’une froideur scientifique incontestable, a fait un récit enlevé, souvent ironique, drôle, voire humoristique. Pour ma part, j’ai passé un très bon moment de lecture et j’ai eu envie d’en savoir plus sur les personnages de ce roman, truculent et magnifique.
Pour terminer, voici un extrait de la page 156 :
« Son visage grillait. il cherchait l’incendie, plutôt que l’illumination. Un besoin infâme montait en lui de transformer en folie tous les calculs effectués, les plus subtils rayonnements, les plus minimes braises, de porter jusqu’au rouge le cuivre de ces miroirs. Jamais un savant ne ressentit, comme Mouchot, à cet instant, la distance vertigineuse, imbattable, entre l’homme et l’astre. Une puissance, venue d’une autre planète, le liait tout à coup à cette poésie du vivant. Mouchot fixait le soleil, et tout cela lui paraissait un dialogue biblique. Ce n’était pas seulement la présence constante du soleil qui, dans ces hauteurs, prenait des dimensions parfaites, il devinait quelque chose de nouveau en lui, des frissons prodigieux, des forges immobiles, quelque chose comme une apothéose. »
Quelqu’un ment, de Sandra J. Paul aux éditions L’oiseau noir.
Tout d’abord, merci aux éditions L’oiseau noir et à NetGalley pour m’avoir permis de lire ce thriller à la structure originale.
Voici le présentation de l’éditeur :
« Une jeune mariée meurt. Deux suspects uniques. Deux versions contradictoires. Qui déciderez-vous de croire ?
Son mariage, Natalie le voulait inoubliable, alors immortaliser son union avec Elias en posant avec lui au sommet de Blue Mountain était peut-être l’idée la plus folle, mais aussi la plus évidente. Et qui de mieux pour assurer la séance photo que Nathan, meilleur ami et témoin du marié, et accessoirement photographe de mode reconnu ?
Personne n’aurait pu imaginer que cette si belle journée se transforme en une tragédie quand Natalie est soudainement précipitée dans le vide. L’un des deux hommes l’a poussée, c’est certain. Mais chacun d’eux clame son innocence et accuse l’autre. Qui ment ? Et surtout, qui déciderez-vous de croire ?
Dans ce thriller psychologique au concept original, vous aurez le choix de commencer votre lecture par la version d’Elias ou celle de Nathan. Vous découvrirez enfin le témoignage de Natalie, la victime, qui elle seule pourra vous guider sur le chemin de la vérité.
Votre intime conviction aura-t-elle été la bonne ? »
Voilà un roman qui sort de l’ordinaire !
Tout commence le 17 octobre 2020, jour du mariage de Natalie et d’Elias dont le témoin est son ami et cousin Nathan. Mais la fête tourne au drame lorsque Natalie fait une chute mortelle. Comment est-elle tombée ? Qui l’a poussée ?
Ce roman est écrit en plusieurs parties : la première décrit l’histoire telle qu’elle a été vécue, racontée par Nathan puis par Elias, la deuxième exprime leur point de vue et celui de Natalie, enfin on a le récit de la vérité, de ce qui s’est réellement passé, et on a toutes les explications des faits et des comportements.
Le lecteur peut choisir de commencer par le récit de Nathan ou par celui d’Elias. Pour ma part, j’ai lu les chapitres dans l’ordre où ils étaient écrits.
Bien sûr, dans les récits de Nathan et d’Elias, on retrouve les mêmes éléments ; ce qui est intéressant est la différence des points de vue ; mais, les dialogues étant les mêmes, on a parfois une sensation de redondance !
J’ai souvent été un peu lassée par les nombreux retours en arrière ; certes, cela peut expliquer le présent, mais cela oblige à une gymnastique intellectuelle incessante ! Heureusement, pour chaque chapitre sont indiqués le jour et l’heure et cela aide à la compréhension.
Le dénouement est tout à fait inattendu et j’ai particulièrement apprécié l’épilogue qui permet de comprendre le comportement de Nathan. J’y avais pensé en lisant les récits, mais, au risque de dévoiler une des clés du roman, je ne peux ici en dire davantage.
En résumé, un livre intéressant, avec des personnages et des comportements très bien décrits. Une réussite !
Sur Babelio https://www.babelio.com/livres/Paul-Quelquun-ment/1513851/critiques?tri=dt


Les fantômes de Kiev de Cédric Bannel aux éditions XO.
Voici la présentation faite par l’éditeur :
« Punir la France de son soutien à l’Ukraine, telle est la mission assignée par Poutine à ses services de sécurité. Un plan démoniaque que la DGSE doit faire échouer.
Mais que pèse son meilleur agent, le brillant « avocat international » Edgar Van Scana, face au rouleau compresseur des renseignements russes ? Surtout quand la moindre action est orchestrée par la générale Olga Ranevskaïa, cheffe des opérations noires du Kremlin.
Sur les routes de Roumanie et d’Ukraine, Edgar s’apprête à mener la mission la plus dangereuse de son existence. Il devra avancer comme un fantôme. Avec, pour seuls éléments, le nom de code du plan russe – Ouragan de feu – et une photo d’armes inquiétantes. Sans indication de date ni de lieu. »
Dans ce roman d’espionnage, le suspense est toujours présent et il a pour cadre une situation politique actuelle qui nous concerne tous. Bien entendu, ce livre est une fiction et les personnages principaux ont été créés par l’auteur ; mais il se déroule dans un cadre bien réel, celui du conflit russo-ukrainien, et il met en scène le rôle des services secrets menés par les agents de renseignements russes et français.
L’auteur n’est pas agent secret, mais il montre une très bonne connaissance des fonctionnements de ces services. En effet, en sortant de l’ENA, il a travaillé au ministère des Finances dans le service de contrôle antiblanchiment des investissements étrangers en France, ainsi que des sanctions financières contre l’Irak, la Serbie et la Libye. Parmi ses correspondants se trouvaient les principaux services de renseignement français. Puis, diplomate à Londres, il a continué à travailler sur les mécanismes de sanctions financières internationales. Cela a été pour lui une source précieuse dans l’élaboration de l’intrigue de ce roman, le deuxième des aventures de son héros.
Pour ma part, je ne connaissais ni l’auteur ni le premier opus des aventures d’Edgar Van Scana. Mais cela ne m’a gênée à aucun moment.
J’ai particulièrement apprécié ce livre au rythme soutenu où la tension monte sans arrêt. Des chapitres courts, une écriture fluide, maintiennent le suspense jusqu’au bout. Ainsi on voyage de Bucarest à Doniesk, de Blois à Moscou, mais pas à Kiev !, en découvrant les dommages dus à la drogue et à la corruption, les rivalités de pouvoir, la délation et l’asservissement. On s’introduit dans les rouages de pouvoirs qui n’hésitent pas à sacrifier des êtres dès l’instant où ils auront été utilisés à leurs fins. On prend conscience des nombreuses innovations technologiques utilisées dans les conflits actuels.
J’attends avec impatience la suite des aventures d’Edgar !
Et pour terminer, je vous propose un extrait de la page 124, qui vous donnera une petite idée de la qualité de la documentation dont a bénéficié l’auteur :
« CIA, Mossad, MI6, DGSE, GRU : tous les services secrets du monde sont confrontés à la révolution des réseaux sociaux, dont les algorithmes rendent les fausses identités de plus en plus difficiles à protéger. Une seule photo en ligne, prise dans le cadre amical ou familial, peut ainsi être rapprochée d’autres clichés par les intelligences artificielles, et une identité fictive qui aura mis des mois à être montée se voir démasquée en quelques secondes.
C’est la raison pour laquelle les grands pays sont contraints de mettre sur pied des unités d’agents pouvant agir sous leur vrai nom, avec de vrais prétextes pour se déplacer à l’étranger. Évidemment, ces unités ne peuvent être composées que de civils, les anciens militaires étant par principe susceptibles d’attirer l’attention des renseignements adverses.
Une remise en cause forcée et complète du modèle traditionnel de l’agent action ex-militaire des forces spéciales intervenant sous une identité fictive… »
Passons maintenant à quelques nouveautés de la rentrée :
Post Frontière de Maxime Gillio chez Talent Éditions.
Voici la présentation de l’éditeur :
« Patricia Sammer, journaliste au Tageszeitung, enquête sur les personnes ayant fui l’Allemagne de l’Est dans les années 1960. Inge Oelze, qui a franchi le Mur quarante ans plus tôt, accepte de lui raconter ses souvenirs : son enfance dans l’Allemagne dévastée de l’après-guerre, la fracture de son pays en deux blocs, son passage à l’Ouest et son engagement politique.
Mais, rapidement, leurs discussions tournent au jeu de dupes : à l’évidence, Inge dissimule une partie tourmentée de son passé, tandis que Patricia s’abrite derrière son article pour mener une quête beaucoup plus intime. Pourquoi autant de mystères entre ces deux femmes qui ne s’étaient jamais rencontrées ?
Passeur d’histoires dans l’âme, Maxime Gillio a écrit de nombreux romans policiers avant de bifurquer vers la littérature jeunesse. Pour écrire Post Frontière, un roman beaucoup plus personnel, il s’est inspiré d’une histoire vraie, intime et poignante. Avec une écriture prenante, il nous entraîne dans une quête mémorielle à travers l’histoire de trois femmes, ballottées au gré des époques et des méandres des frontières. Un roman aux cruelles résonances contemporaines. »
Comme vous le savez, je m’intéresse particulièrement à la saconde guerre mondiale et à la période qui a suivi. Ce livre qui met en scène des personnages ayant vécu dans l’Allemagne de la fin de la guerre était donc fait pour moi et je remercie Talent éditions et Net Galley de m’avoir permis de le lire.
Et j’ai beaucoup apprécié ce roman, particulièrement bien écrit, bien documenté et bien construit. Il parle de trois personnages féminins, qui ont vécu à trois époques différentes, mais dont les destins vont s’entremêler tout au long du livre : Patricia Sammer, journaliste qui enquête sur les personnes qui ont voulu franchir le mur de Berlin dans les années soixante, Inge Oelze, originaire de RDA puis sympathisante de la fraction Armée rouge, et Anna, une Sudète ayant vécu en Tchécoslovaquie dans les années 40.
Et au travers de ces trois destins, on aborde trois épisodes de l’Histoire. Le prologue rappelle l’annexion des Sudètes par l’Allemagne nazie et la façon dont leurs habitants étaient traités. On voit par la suite le traitement qui leur a été infligé par le régime communiste de Tchécoslovaquie en 1945, à la fin de la seconde guerre mondiale. Puis, dans les années soixante, on est face à la situation des Allemands de RDA qui tentent par tous les moyens et au péril de leur vie de franchir le mur de Berlin qui a séparé arbitrairement les familles. Enfin, on évoque les actions de la fraction Armée rouge, groupe révolutionnaire de RFA dans les années soixante-dix.
Par des chapitres courts et repérés par une date, l’auteur construit peu à peu l’intrigue et on ne s’y perd jamais. On comprend très vite que Inge et Patricia cachent une blessure qui motive leur action et leur attitude. On se demande ce qui les lie. Et ce n’est qu’à la fin que les pièces du puzzle soigneusement mis en place par l’auteur vont se rejoindre. Un tour de force, d’embarquer le lecteur dès le début dans cette histoire et, peu à peu, de dévoiler les rouages d’une histoire étonnante.
Inge et Patricia ont des personnalités complexes très bien décrites, on voit leurs tourments, leurs blessures, on comprend leurs réactions.
En voici deux extraits.
P. 115. En 1966, son ami Christian déclare à Inge :
« — Je n’ai jamais dit que les pays de l’Ouest étaient des modèles. Mais au moins, là-bas, les divergences peuvent s’exprimer. Si j’étais de l’autre côté, je pourrais manifester mon mécontentement sans risquer d’être mis en prison au premier slogan, comme c’est le cas ici ! Bien sûr que le gouvernement américain est un ramassis d’ordures, mais au moins, on peut le crier et alerter l’opinion. Tu veux que je te rappelle les dizaines de morts à Berlin-Est et Leipzig, pendant les manifestations ouvrières ? C’est ça, ton idéal de liberté? Très peu pour moi ! Tant qu’à choisir un monde imparfait, je préfère encore celui où j’ai le droit d’ouvrir ma gueule. »
P. 127. En 2006, Inge parle à Patricia :
« — J’ai toujours détesté les dictons populaires. S’il y en a un que j’exècre par-dessus tout, c’est celui qui dit que le temps atténue les douleurs et que même les chagrins les plus forts finissent par s’estomper. Eh bien, vous savez quoi, Patricia ? Ce sont des foutaises. Un ramassis de conneries. La vérité, la vraie vérité, vous la voulez ? C’est que Christian est mort depuis quarante ans, et que plus le temps passe, plus il me manque. Son absence m’est plus insupportable aujourd’hui qu’elle ne l’était il y a dix ans. Les saisons défilent, dans leur déprimante monotonie, et chaque jour qui passe ravive un peu plus ma douleur. »
Un excellent roman, très fort, parfois bouleversant, à lire absolument !

Aruba, d’Éric Jacobs, édité par Éric Jacobs.
Voici le texte de présentation du livre :
« Pour l’avocat d’affaires Evans Jennings et ses trois amis, c’était au départ une journée de surf dans les déferlantes de la plage de New Smyrna Beach en Floride qui aurait dû se terminer joyeusement autour d’un feu de plage. Mais le vent soufflait plus fort que d’habitude et l’océan Atlantique grognait comme un ogre affamé. Malgré d’intenses recherches, on ne retrouva jamais le corps du courtier en assurances luxembourgeois Gregg Adams. Plus tard, l’avocat se rend à Aruba où l’un de ses clients, un célèbre footballeur tombé en disgrâce, avait décidé d’ouvrir un restaurant. Il y découvre des secrets sordides qui remettent en question tout ce qu’il croyait savoir sur son ami Gregg.
Qui était-il vraiment et que s’était-il passé lors de leurs vacances balnéaires aux États-Unis ?
Il ne lâchera rien et retournera sur la petite île tropicale des Caraïbes pour découvrir la vérité, quitte à mettre sa vie en jeu.
Plongez dans les arcanes des secrets d’affaires et découvrez ce qui se cache au cœur de cette intrigue captivante. »
Merci à Net Galley et à Éric Jacobs de m’avoir envoyé ce livre que j’ai lu très vite, avec plaisir et intérêt.
Aruba est une île néerlandaise de la mer des Caraïbes, située au large des côtes du Vénézuéla. Depuis qu’elle s’est séparée des Antilles néerlandaises en 1986, elle est devenue un état autonome, le Pays d’Aruba. Les premières sources de revenus y sont le tourisme et les services financiers off-shore.
Aussi, rien d’étonnant à ce que l’auteur, avocat aux Pays-Bas et qui s’est inspiré de situations réelles, ait eu envie de planter dans cette île paradisiaque le décor de son roman qu’on pourrait comparer à un épisode des aventures de James Bond !
Pour ma part, j’ai immédiatement été entraînée à la suite d’Evans dans l’enquête qu’il va mener pour retrouver son ami Gregg, une enquête bien construite au cours de laquelle la tension va crescendo jusqu’au dénouement qui lui aussi va surprendre le lecteur !
Les personnages sont bien décrits avec leurs réflexes, leurs questionnements, leurs personnalités complexes. Le décor est remarquablement dépeint, que ce soit l’ambiance de cette merveilleuse île ou l’environnement social et humain.
Et tout cela avec humour voire dérision.
Une belle découverte et un très bon moment de lecture.
En voici deux courts extraits :
p. 5 ; prologue.
« Il n’y a pas que les pauvres qui veulent disparaître de la surface du globe. Les riches aussi comptent parmi les candidats fantômes. Ceux qui ont trop de tout et sont blasés, aussi bien que ceux qui n’en ont jamais assez. L’envie de fuir n’a ni patrie ni religion, et encore moins un statut socio-économique. Tous les alphabets ont une dernière lettre, conviendrait Gregg Adams financier en semaine et philosophe le weekend. Plus personne n’accepte que la mort frappe à toutes les portes ajouterait t-il. Mais le plus souvent, la fin s’abat à l’heure précise au moment de se déshabiller pour aller au lit. »
p. 32
« Il n’était pas un client lambda et l’idée de monter à bord de son yacht avait vite fait scintiller ses yeux (de Nina). Il y invitait souvent du monde. Des personnes influentes. des banquiers, des hommes d’État, etc. Il y en avait de toutes sortes. C’était également en partie pour cela qu’il avait acquis ce magnifique navire. C’était sa manière de le rentabiliser. Il vendait des œuvres d’art aux plus fortunés de la planète. Il devait donc les côtoyer. Il avait besoin d’amis influents dans la finance et dans toutes les strates du pouvoir. Cela lui permettait de les rendre redevables. Dans l’univers des affaires, c’est une des pratiques qui donnent les meilleurs résultats, avec les enquêtes privées et le chantage. Cette dernière méthode, c’est lorsque l’enjeu est colossal. »


