
16 mai 2024

L’émission littéraire proposée par Josiane Guibert qui vous fait partager ses découvertes, ses points d’intérêts et ses coups de cœur.
Au Sommaire : Emission du 16 mai 2024 : Le dernier thé de maître Soho de Cyril Gely aux éditions Arléa Le Philatéliste de Nicolas Feuz aux éditions Rosie et Wolfe L’Inuite de Mo Malo aux éditions de La Martinière La cuisinière des Kennedy de Valérie Paturaud aux éditions Les Escales |

Le dernier thé de maître Sohô de Cyril Gely aux éditions Arléa.
Voici la présentation faite par l’éditeur :
« Juillet 1853, la flotte américaine entre dans la baie d’Edo. C`est la fin de la politique isolationniste du Japon et le début de l`ouverture sur l`extérieur.
Le Japon laisse derrière lui la tradition des samouraïs.
Pourtant, au même moment, Ibuki, fille d’un producteur de saké, n`a qu`un rêve : devenir samouraï. Elle renoncera pour cela à sa condition féminine, en se travestissant, bandant sa poitrine et adoptant les vêtements sombres réservés aux hommes. Fuyant sa destinée d’héritière, elle entreprend une longue marche à travers le Japon pour rencontrer celui qu`elle considère comme un maître, Akira Sohô, fils de samouraï et véritable légende.
Leur rencontre sera bien plus qu`un affrontement entre maître et disciple. L`un, possédant la sagesse, s`est tourné vers la voie du thé, délaissant la violence du sabre, et l`autre, dans l`ignorance de la jeunesse, fidèle à une tradition vouée à la disparition.
Tout les oppose, mais les extrêmes, dit-on, finissent toujours par se rejoindre.
Le dernier thé de maître Sohô est un voyage poétique qui réunira deux visages du Japon du XIXe siècle, la voie du sabre et la voie du thé. Mais c`est aussi et surtout, un voyage dans ce Japon poétique, où les vols d’hirondelles, les chants célestes des cueilleuses de thé, le murmure des théières, l`éclat argenté des sabres dans l`air, nous emmènent dans un monde poétique.
Cyril Gely est romancier, auteur de théâtre et scénariste. Il est notamment l’auteur de Diplomatie, récompensé par le César de la meilleure adaptation, et du Prix (Albin Michel, 2019), finaliste du prix des libraires. Avec Le dernier thé de maître Soho, il nous donne un récit ou plutôt un conte poétique qui nous emporte à la fois dans le Japon de la tradition, mais aussi dans la magie d’une rencontre improbable où deux destins trouveront leur accomplissement. »
Je remercie vivement Brigitte Semler et les éditions Arléa de m’avoir envoyé ce livre qui a été pour moi un véritable coup de coeur.
Dans quelques mois j’irai en voyage au Japon et, bien évidemment, j’essaie de comprendre la philosophie de vie, l’esprit, la culture de ce pays. En plus de son résumé, c’est ce qui m’a incitée à lire ce livre.
Et j’ai été transportée par l’écriture et la poésie qu’elle véhicule. Ce court, mais magnifique roman m’a donné envie de connaître davantage l’histoire de coutumes ancestrales, l’histoire des samouraïs, et de me documenter sur les thés du Japon. Déjà, le fait de donner envie au lecteur d’aller plus loin est une réussite !
Bien sûr, ce livre est une fiction, mais combien poétique et vraisemblable compte tenu de la culture japonaise. Les lieux existent, certains personnages comme Takamori Saigö ont réellement existé. Certes, la fin des samouraïs ne se résume pas au combat de Shiroyama, mais tout est cohérent dans ce très beau texte qui m’a permis de comprendre les jiseikus, ces poèmes d’adieu écrits par les samouraïs avant de mourir. En voici un, celui de maître Sohô :
Rien d’autre à contempler
que la lune
lointaine et solitaire
chaque fois que tu la verras
souviens-toi de moi
En 2012, j’avais fait la promotion du très beau roman édité par Philippe Picquier Seize tableaux du mont Sakurajima de Michel Régnier, un ami documentariste qui vit au Québec, marié à une Japonaise et qui connaît bien le Japon. Ces deux romans sont très différents l’un de l’autre, mais on y retrouve le même raffinement, le même respect et une forme de poésie bien particulière.
Le dernier thé de maître Sohô est un roman qui émerveille, qui apaise, qui fait du bien. Lisez-le, il en vaut la peine.
En voici quelques courts extraits.
« — Qu’est-ce qu’un samouraï ? demanda Monsieur Ozu.
— C’est le Japon dans sa totalité, répondit sa fille. ils sont présents dans tous les cœurs, dans toutes les mémoires. ils ne font qu’un avec nos collines et nos rivières. Où que le vent souffle, il souffle vers eux. Où que les étoiles scintillent, elles scintillent pour eux. Japon et samouraïs sont indissociables. Comme les deux faces d’une même pièce. »
p. 49 :
« La voie du sabre et la voie du thé ont le même goût. L’un se déroule à l’extérieur. l’autre à l’intérieur. Mais il faut unir les deux pour vaincre. N’oublie pas que tout combat, qu’il se situe au-dedans ou au-dehors, est toujours un combat contre nous-même. »
p. 60 :
« Le thé est avant tout un voyage. Un voyage merveilleux pour celui qui sait l’écouter. Il suffit de quelques braises, deux ou trois feuilles, et un ami avec qui le boire. Le thé, vois-tu, c’est le possible dans un monde impossible. La douceur dans le bruit. Il dévoile la fragilité de nos êtres. Et celle de l’instant. La première tasse que tu portes à tes lèvres révèle son parfum, fort comme la vie. La deuxième te permet de savourer le thé lui-même, doux comme l’amour. Tandis que la troisième, ah la troisième, elle te transportera dans le royaume des immortels ! »
p. 107 :
« Le sabre est ce qu’il y a à la surface. Le thé se trouve en profondeur. Le sabre est extérieur. Le thé est intérieur. Le sabre, par la force des choses, est éphémère. Le thé, permanent. Mais surtout, retiens ceci : le sabre prend la vie. Le thé, lui, la donne. »
Le Philatéliste de Nicolas Feuz aux éditions Rosie et Wolfe.
Voici le texte de quatrième de couverture :
« À l’approche de Noël, un vent d’effroi parcourt la Suisse. Un tueur organise un jeu de piste sordide avec des colis postaux. Sa signature ? Des timbres-poste fabriqués à partir de peau humaine.
L’inspectrice de la Police judiciaire genevoise Ana Bartomeu est saisie de l’affaire. Son enquête va la conduire des beaux quartiers de Genève à la vieille ville d’Annecy, des impasses sombres de Lausanne aux rues pavées de Delémont. Réussira-t-elle à démasquer cet assassin mystérieux que les médias suisses et français ont surnommé Le Philatéliste ?
Nicolas Feuz est né en 1971. Parallèlement à ses fonctions de procureur du canton de Neuchâtel, il est l’auteur de seize romans policiers.
Il a reçu pour son livre Heresix le prix de l’Évéché 2022, décerné par la police judiciaire de Marseille.
Pour ma part, je ne connaissais pas cet auteur et voilà une découverte intéressante. On se trouve dans le système policier et judiciaire de Suisse, mais cela ne gêne en rien. Il faut simplement se familiariser avec les sigles et appellations un peu différentes des nôtres.
Voilà un thriller très construit, avec de nombreux retours en arrière, dans un passé lointain et dans un passé proche. Au rythme de chapitres courts qui mettent en scène les différents personnages, le lecteur est entraîné de façon addictive dans une enquête compliquée, éprouvante moralement et physiquement pour les policiers qui la mènent. Ces policiers sont eux-mêmes des personnages complexes, peu équilibrés, torturés et mal dans leur peau. Tout au long de cette lecture, le suspense est permanent mais l’atmosphère reste glauque et anxiogène. On a affaire à un tueur pervers et sadique dont on découvre le nom seulement à la fin. En cela, ce thriller est une réussite. Les multiples rebondissements ne mettent jamais sur la voie et l’identité du criminel m’a vraiment surprise.
Une telle histoire est-elle vraisemblable ? Il faut souhaiter que non. il n’en est pas moins vrai qu’elle pose le problème du harcèlement scolaire et de ses conséquences. Certes, le mot et le concept n’existaient pas en 1984, moment où se passe l’action, mais à l’issue de telles situations, la victime sortait forcément traumatisée ; une personnalité déjà fragile a, dans ces conditions, toutes les chances de sortir déséquilibrée et de développer des troubles psychiques importants.
Un roman original pour les amateurs de thrillers sanglants.
En voici un court extrait de la page 122 :
« L’autoroute serpentait à travers des vallées qui, aux yeux de Morin, semblaient mornes et d’une autre époque. Un Genevois qui se rendait dans le Jura, c’était un peu comme un Parisien qui se rendait dans le Berry : le choc du citadin arrivant dans une campagne reculée. Il ne pouvait pas imaginer qu’il faisait bon y vivre, alors que pour les natifs de ces régions, Genève était synonyme de cauchemar : trop de bruit, de stress et de pollution. D’ailleurs, la neige était ici plus abondante, plus blanche, mais aussi moins oppressante que dans les grandes villes. »


L’Inuite de Mo Malø aux éditions de La Martinière.
Voici le texte de présentation du livre :
« Deux meurtres sont commis dans un petit village perdu du Groenland, qu’on ne peut rallier que par hélicoptère ou par des traîneaux tirés par les chiens. Une personne se trouvait sur les lieux à chaque fois : Paninguaq Madsen, dite l’Inuite, qui sillonne le pays pour aider les femmes à accoucher loin de toute structure hospitalière décente. Elle a la particularité de porter le tatouage cousu traditionnel des Inuits sur le visage, cette « barbe de morse » qui distingue de rares femmes du pays.
Qui est-elle vraiment ? Une autochtone dévouée aux siens qui œuvre contre la négligence des autorités danoises ? Ou une femme blessée qui cherche dangereusement à prendre sa revanche ?
Alors que l’Inuite est en fuite, deux enquêteurs se voient mêlés à cette histoire : un flic du pays, plus burlesque qu’efficace, mais qui connaît les us et coutumes du grand continent glacé ; un expert de la police danoise chargé d’un cold case qui implique les plus hautes autorités de son pays. Car dans les années 1950, une expérience a été menée auprès de vingt-deux enfants inuits de 5 à 8 ans : arrachés à leurs familles, ils devaient être ré-éduqués pour devenir l’élite danophone du pays. Seize seulement revinrent au pays, pour être enfermés dans un orphelinat et voir leurs vies brisées.
Y a-t-il un lien entre l’Inuite et la mémoire trahie de son pays ? »
Qui pourrait penser, avec ce pseudo et cette si bonne connaissance du Groenland, que Mo Malø est un auteur français ? Il a choisi ce pseudo pour faire « un clin d’œil à ses origines, Saint-Malo, la famille du côté de son père étant malouine depuis cinq siècles. Et puis, il se trouve qu’en barrant le O final, ça sonnait nordique. Mais c’est plus accidentel que prémédité ! »
Son intérêt pour le Groenland est dû à une circonstance fortuite : « il y a près de cinquante ans, sa marraine lui a rapporté d’un voyage en terre inuit une figure de chouette harfang en peau de phoque. Cet objet le fascinait. Plus tard, en cherchant un nouveau « territoire de polar » il repensé au Groenland grâce à cet objet. Il s’est alors documenté sur le pays, a découvert à quel point il était à la fois méconnu et crucial pour l’avenir de notre planète, puis il y est allé et il est tombé amoureux du lieu et de sa culture… »
On ne peut qu’applaudir son talent à décrire cette île et surtout ses moeurs et sa culture. Pour ma part, c’est ce qui m’a séduite à la lecture de ce roman et j’ai eu envie d’en savoir plus, de me documenter, de comprendre le contexte géographique, historique et social. Ce livre est par ailleurs un excellent thriller, bien construit, rythmé et passionnant. Cela est d’autant plus intéressant que l’origine de ce récit est une histoire vraie, un épisode de la colonisation du peuple inuit par les danois… au milieu du XXe siècle.
Je n’avais lu aucun des romans précédents de cet auteur, mais je comprends que, pour sa série Qaanaq, traduite dans plusieurs pays, des prix lui aient été attribués !
À la lecture de ce roman, le lecteur se trouve très vite plongé au coeur de deux enquêtes dont on va assez vite percevoir le lien, enquêtes menées par Bjorn Western au Groenland, et Tim Osterman au Danemark, et par Panik, une femme libre, à la personnalité affirmée, héritière d’un passé familial multiculturel, agité voire traumatisant, une femme reconnaissable à ses tatouages uniques et porteurs de sens et de coutumes, une femme à laquelle je me suis attachée dès le début du livre.
Car l’un des talents de l’auteur est de décrire avec profondeur la personnalité des différents protagonistes. Le lecteur est amené à comprendre leurs doutes, leurs angoisses et leurs choix. Au fil de la lecture, leurs caractères se dévoilent peu à peu et on ressent de l’empathie pour eux.
Autre élément à signaler, le texte est parsemé de mots en inuit, mots sans doute pas choisis au hasard et qui renforcent le sens du texte.
J’ai trouvé le dénouement un peu rapide ; en tout cas, je ne m’y attendais pas. Et la toute fin est un peu « fleur bleue » mais n’enlève rien à l’intérêt de ce très bon roman, très soigneusement construit que je recommande vivement.
Merci à net Galley et aux éditions de La Martinière de me l’avoir envoyé.
En voici un extrait des pages 27 et 28 :
« Cette fois, un filet de voix, chaud et grave, avait filtré de sa bouche. et par le seul pouvoir de celui-ci, elle lui apparut enfin pour ce qu’elle était, au-delà de sa fonction de couffin vivant : une trentenaire brune, Inuite métissée, sensiblement plus grande que la plupart des femmes de la région. Sa tenue mêlait des pièces sportswear fonctionnelles et d’autres plus authentiques, comme son gilet en peau de phoque qui relevait assurément d’une confection artisanale, peut-être de ses propres mains.
— Mais tout le monde m’appelle Panik ajouta-t-elle.
Elle sourit.
— Parce que quand on fait appel à moi, en règle générale, c’est plutôt en urgence.
Bjorn sourit à son tour, de ce sourire sans malice qui lui ouvrait bien des portes.
Paningaq Madsen, un prénom purement Inuit, un nom de famille danois comme la plupart des habitants du pays. Et pourtant, un hiatus frappait Bjorn : marqué de trois lignes verticales sur le menton, un tatouage traditionnel connu sous le nom de « barbe morse », Son visage était bien celui d’une autochtone, mais quelque chose dans son accent et son kalaallisut un peu hésitant trahissait une autre origine. Étrange mélange. »
La cuisinière des Kennedy de Valérie Paturaud aux éditions Les Escales
Tout d’abord, je remercie Net Galley et les éditions Les Escales de m’avoir donné l’occasion de lire ce livre que je vous présente avec grand plaisir.
Voici le texte de quatrième de couverture :
« Le destin extraordinaire d’une orpheline qui devint, par la force de sa passion, la cuisinière des Kennedy. Une biographie romancée qui dresse le portrait plein de vie d’une femme déterminée et attachante.
1999. Dans un petit cimetière du Vaucluse, sur la tombe d’une certaine Andrée Imbert, une couronne de fleurs et un mot : « Avec toute la sympathie de la famille Kennedy ». Quel est donc le lien entre cette femme et l’illustre famille ?
Pupille de la nation, Andrée grandit dans l’arrière-pays drômois. C’est là qu’elle apprend le bonheur d’une cuisine simple aux saveurs de thym, de sarriette et d’origan. Andrée est décidée et courageuse. Elle quitte son village pour Lyon où elle se forme à la cuisine bourgeoise. Son parcours l’amènera à cuisiner pour les plus grands, jusqu’à Hyannis Port, la résidence des Kennedy. Employée dévouée, elle consacrera sa vie à cette famille, vivant à ses côtés ses heures les plus glorieuses comme les plus sombres.
L’histoire savoureuse d’une femme qui a réellement existé, ponctuée de recettes extraites de son carnet. »
En s’appuyant sur les récits et témoignages des petits enfants d’Andrée, l’autrice raconte comme une chronique la vie hors du commun d’Andrée Imbert. Rien en effet n’aurait pu laisser imaginer le destin hors du commun de cette de cette femme du peuple, enfant trouvée.
Ce roman est raconté comme un journal : des faits, des attitudes sont décrits avec un regard extérieur, sans jugement ni parti pris. Cet angle de vue m’a semblé très intéressant et n’empêche pas de ressentir de l’empathie pour Andrée, le personnage principal et de s’intéresser aux autres personnages. En effet, j’ai trouvé ce roman profondément humain, il ne s’agit pas ici d’un roman people mais d’une histoire profonde, authentique, celle d’une femme qui, grâce à sa détermination, a pu s’élever socialement et côtoyer des personnalités.
Certes, le titre du livre est justifié mais avant d’être la cuisinière des Kennedy, Andrée a été celle d’autres personnes. C’est d’ailleurs assez surprenant de comprendre les goûts et le rythme quotidien d’écrivains ou d’artistes qu’elle a été amenée à servir ou à côtoyer. Et il me paraît tout à fait incroyable que tous ces chemins aient pu se croiser !
J’ai beaucoup aimé ce livre à la lecture duquel j’ai pu rire mais aussi être émue aux larmes, un livre original, riche et dense, une belle lecture que je recommande vivement.
p. 146 ; Andrée vient d’arriver aux États Unis et doit faire les courses pour préparer les repas. Elle découvre un monde totalement nouveau pour elle.

Ce parfum rouge de Theresa Révay aux éditions Stock
Voici la présentation de l’éditeur :
« Lyon, 1934. Nine Dupré, 27 ans, appartient à une lignée de parfumeurs français établie à Moscou sous l’empire des tsars. La révolution bolchevique a mis fin brutalement à son enfance. Son père, qui lui a transmis sa passion, a disparu dans la tourmente. Nine a grandi en exil, à Paris. Désormais, c’est en sa mémoire qu’elle veut se faire un nom dans ce métier exigeant. Alors qu’elle travaille à Lyon pour une grande figure de la parfumerie française qui l’a prise sous son aile, Nine rencontre Pierre Rieux, un commissionnaire au passé sulfureux, proche du pouvoir soviétique.
Bien que tout les sépare, ils deviennent amants. Lors de la visite d’une délégation de Soviétiques, Nine respire dans leur sillage un parfum dont seul son père détenait la composition. Comment est-ce possible ? Le maître parfumeur aurait-il survécu au pire ? Et à quel prix ? Une fenêtre s’entrouvre, car Staline vient de lancer un concours international de parfums en prévision des vingt ans de la révolution.
Contre toute attente, elle prend le risque insensé de retourner dans sa ville natale, ce Moscou moderne, revu et corrigé par Joseph Staline, en quête de son père. Theresa Révay dévoile une page insolite de la haute parfumerie au XXe siècle. Sur fond de drames historiques et d’amour, elle dresse le portrait d’illustres créateurs, mais aussi de personnalités méconnues de cet univers captivant, dont celui de son arrière-grand-oncle, Léon Givaudan. »
Un grand merci à Net Galley et aux éditions Stocks qui m’ont permis de découvrir ce livre et son autrice.
L’action de ce roman nous entraîne à Lyon, Paris, Moscou entre 1934 et 1936 dans le milieu du parfum et des parfumeurs, ce qui donne une grande originalité à ce récit, celui de la quête de Nine à la recherche de son père, disparu pendant la révolution bolchevique. Et dans cette sorte d’enquête, non sans danger pour l’héroïne, les pistes et les indices sont liés au parfum…
Ce magnifique roman dépeint en même temps le contexte historique de la dictature stalinienne et les crises économiques et sociales en France.
Et surtout, il donne à découvrir un beau portrait de femme. Nine n’est pas seulement la fille d’un grand parfumeur, elle est une jeune femme brillante, passionnée, volontaire, déterminée avec ses doutes et ses fragilités, ce qui en fait un personnage attachant.
La plume de l’autrice, riche et vivante, contribue à rendre ce roman captivant. Et pour ma part, j’ai appris beaucoup de choses sur le monde du parfum.
Un grand bravo pour ce très beau livre.


