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Lectures in The Mood #033

7 Novembre 2024

L’émission littéraire proposée par Josiane Guibert qui vous fait partager ses découvertes, ses points d’intérêts et ses coups de cœur.


 Au Sommaire :
Emission du 7 octobre 2024 :
– 1 – Et chaque jour mourir un peu de Karine Giebel aux éditions Récamier noir
 
– 2 – La Nostalgie des sentiments (tome 2) : quand le désir donne des ailes de Hanni Münzer aux éditions de l’Archipel.
 
– 3 –Eden : L’affaire Rockwell de Christophe Pénalan aux éditions Viviane Hamy
 
– 4 – Jeux en famille de Catherine Steadman aux éditions Les Escales
 
– 5 – Contre l’espèce d’Estelle Tharreau aux éditions Taurnada
 
 
 

Et chaque jour mourir un peu de Karine Giebel aux éditions Récamier noir

Voici le texte de quatrième de couverture :

Livre 1-Blast

Monter au front sans arme ni gilet pare-balles. Soigner les autres au péril de sa vie. Se sentir utile en ce monde.
De Sarajevo à Gaza, en passant par Grozny, la Colombie ou l’Afghanistan, Grégory se rend au chevet des sacrifiés sous l’égide de la Croix-Rouge internationale. Chaque victime sauvée est une victoire sur la folie des hommes. Chaque vie épargnée donne un sens à la sienne. Peu importe les cicatrices et les plaies invisibles que lui laisse chaque conflit.
Poussé par l’adrénaline, par un courage hors du commun et par l’envie de sauver ceux que le monde oublie, Grégory prend de plus en plus de risques.
Jusqu’au risque de trop. Jusqu’au drame…


Ne pas flancher, ne pas s’effondrer. Ne pas perdre la raison.
Choisir.
Sauver cette jeune fille, condamner cet adolescent. Soigner ce quadragénaire, laisser mourir cet enfant.
Choisir.
Endurer les suppliques d’une mère, d’un père.
Certains tombent à genoux devant lui, comme s’il était Dieu.
Choisir.
Tenter de sauver cette femme. Sacrifier sa petite fille qui n’a que peu de chances de survivre à ses blessures.
Choisir.
Et chaque fois, mourir un peu.

Le Blast c’est l’effet de souffle d’une explosion, En choisissant ce livre, je pensais trouver un thriller. Mais même s’il y a un suspense permanent, une tension continue, une pression émotionnelle et psychologique constante, je trouve que ce livre est inclassable dans les catégories habituelles.

L’action se déroule de 1992 à 2010 et permet de suivre la vie de Grégory, infirmier au sein de la Croix-Rouge internationale. Il va se rendre sur des lieux sinistrés où il devra soigner des victimes de la barbarie humaine ; les descriptions des sévices et des conditions de vie, les témoignages, sont écrits avec un réalisme parfois insoutenable. On va ainsi le voir agir au Rwanda, en République démocratique du Congo, en Bosnie-Herzégovine, à Gaza, en Afghanistan… Partout il va être confronté à des drames humains bouleversants. On peut imaginer à quel point il en est traumatisé.

En fin d’ouvrage, l’autrice indique ses sources pour écrire ce roman qu’on pourrait presque considérer comme un ouvrage documentaire, exception faite de l’histoire du personnage principal qui en est le fil directeur.

Un livre addictif mais très dur ; on ne se repose pas à le lire ! Pourtant, j’attends avec impatience le volume 2 à paraître à l’automne 2024 ! 


p. 117 et 118 :

Grégory a toujours été surpris de voir les enfants jouer au milieu de la guerre et de la misère. Toujours surpris de leur inventivité, de leur créativité. Un morceau de bois, une caisse en plastique, un bout de corde… Tout peut devenir jouet. Et lorsqu’ils s’amusent, ils ont le don de s’exiler dans un autre monde. D’oublier, ne serait-ce qu’un moment, qu’ils se trouvent à des centaines de kilomètres de leur maison, de leur école, de leur vie. Qu’ils pourrissent dans un camp de réfugiés né de la folie des hommes.

[remonter]

La Nostalgie des sentiments (tome 2) : quand le désir donne des ailes de Hanni Münzer aux éditions de l’Archipel.

Voici la présentation de l’éditeur :

La suite de La Nostalgie des sentiments, « une saga captivante » (Wienerin). Par l’autrice du best-seller Au nom de ma mère.

Mai 1945. Les armes se sont en­fin tues en Europe. Mais Kathi Sadler, jeune génie des mathématiques, ne connaît pas la paix, pas plus qu’elle ne peut librement quitter Berlin pour rentrer chez elle.
Considérée comme une prise de guerre par les Soviétiques, elle est envoyée à Moscou. De fait, les dirigeants russes souhaitent mettre ses talents de scientifique au service de leur nouveau programme de conquête spatiale.
Alors que le Rideau de fer scinde désormais le continent, Kathi devra se battre pour reconquérir sa liberté. Avec le désir de bientôt retrouver ceux qu’elle aime…
Après La Nostalgie des sentiments, Hanni Münzer poursuit l’histoire de Kathi, inspirée de celle de sa grand-mère. Un roman qui se veut « un hommage à tous ceux qui ont bravé des temps de barbarie, tout en conservant leur humanité ». 

Je n’avais pas lu le premier tome ; bien sûr, au début de ma lecture, il m’a fallu reconstituer certains éléments pour comprendre l’histoire ; mais cela ne m’a pas vraiment gênée.

Voilà un roman historique avec de multiples rebondissements, parfois à la limite du vraisemblable. Mais nous sommes dans un roman qui m’a parfois évoqué ceux d’Alexandre Dumas ou de Paul Féval !

Mais au-delà du roman d’aventures, de l’histoire d’amour, ce qui est intéressant c’est la peinture historique de cette période d’après-guerre ; on mesure la barbarie du régime soviétique instauré par Staline, le degré de corruption et de perversion de tous ces hauts personnages d’un régime en pleine expansion au détriment du peuple qui n’a d’autre solution que de se taire et courber l’échine.

J’ai appris beaucoup sur les travaux scientifiques de la conquête spatiale soviétique.

Le roman est très bien documenté et donne envie de creuser la question, ce que j’ai d’ailleurs fait et c’est pourquoi je trouve ce roman très réussi. En fin d’ouvrage, l’autrice indique ses sources et cela peut permettre au lecteur d’aller plus loin et de valider sa lecture.

J’ai également apprécié des moments de poésie, sans doute dus en partie au rôle de Fanzi qui apporte beaucoup de fraîcheur, de bon sens et de spontanéité. Très bonne idée également d’introduire les chapitres par des citations ou par des vers ou par de courtes déclarations de certains personnages.

Un très beau roman qu’on lit avec plaisir jusqu’au bout, et pourtant il a presque 500 pages !

Merci à NetGalley et aux éditions de l’Archipel de m’avoir permis cette belle lecture.

Extraite de la postface p. 473 :

Ceci est un roman, pas un essai. Les déclarations, opinions et avis politiques divers des personnages sont inspirés des mentalités courantes à l’époque et ne reflètent en rien mes idées personnelles. Ce livre n’a pas pour objet de condamner ni de juger. Toutefois il montre que les guerres et/ou les structures de gouvernement dictatorial apparaissent parce que l’humanité se laisse trop souvent tromper par les programmes et les promesses de politiciens, sans s’apercevoir que ces gens sont animés par la soif du pouvoir et par leurs propres intérêts. Peu importe sous quel label politique les victimes sont torturées et tuées. Leur malheur et leur souffrance sont individuels. La violence n’est jamais une solution, et ne devrait jamais le devenir. Ou, pour reprendre Anatoli : la guerre ne résout pas les problèmes, elle les crée.

Je suis entièrement d’accord avec Pelagia. le bonheur ne se trouve pas dans la perfection. Nous sommes humains, nous avons le droit d’être imparfaits. D’être tels que nous sommes. De nous aimer tels que nous sommes.

p. 478 :

C’est vrai, je rêve peut-être trop. Je rêve d’un monde meilleur pour nos enfants. Toutes les belles choses commencent par un rêve. Et si nous le rêvons ensemble, il finira par se réaliser. Je vous invite à rêver avec moi.[remonter]

Eden : L’affaire Rockwell de Christophe Pénalan aux éditions Viviane Hamy

Texte de quatrième de couverture :

Ses peluches étaient dans une corbeille en osier, ses habits sales dans un bac en plastique, ses jouets et ses livres sur ses étagères, parfaitement rangés… Les cahiers d’exercices et les manuels qu`elle n’avait pas emportés à l’école étaient restés sur son bureau, rien ne dépassait. Rien ne laissait penser à une fugue. Tout était là, à sa place.

Bakersfield, Californie, 12 octobre 2004. Eden, 11 ans a disparu en rentrant de l’école. Les recherches sont confiées à l’inspecteur Dwight Myers, anciennement sergent au LAPD, et à son coéquipier, Buddy Holcomb. Quand trois enlèvements de fillettes sont signalés dans le même temps à Los Angeles, la piste d’un terrible réseau criminel semble se confirmer. Mais à mesure que l’enquête progresse, des zones d’ombres autour de la figure d’Eden surgissent… 

Eden, l’affaire Rockwell est le récit haletant d’une disparition qui se transforme en une effroyable machination, ébranlant l’Amérique du début des années 2000. Tel un prestidigitateur chevronné, Christophe Penalan se joue des apparences et signe un premier roman aussi efficace que glaçant.

Voilà une découverte intéressante !

Certes, il subsiste dans ce premier roman quelques imperfections mineures : des erreurs de grammaire et de syntaxe, des répétitions et usages de mots trop fréquemment employés, comme le verbe se plaindre, une certaine confusion dans la présentation de la chronologie des enlèvements. Mais globalement, ce livre est très réussi d’autant plus que c’est un premier roman !

L’intrigue est très bien menée. On se perd en conjectures et des pistes s’ouvrent, mais sans issue. Le nœud de l’histoire n’est dévoilé qu’à la fin. Je ne savais pas ce qu’était le syndrome de Highlander et l’explication finale a été pour moi totalement inattendue. 

Les personnages sont humains et très travaillés, en particulier ceux des policiers chargés de l’enquête.

L’écriture est fluide, le rythme soutenu. Le suspense ne faiblit jamais.

En résumé, un premier roman très abouti. J’attends le prochain, car cet auteur fait preuve d’un talent très prometteur !

p. 116-117

Ses yeux étaient rivés sur les deux fillettes et leurs cabrioles sur les balançoires. La mère de Tiffany était partie dans un monologue sur la meilleure façon de protéger des enfants. Mais Myers ne l’écoutait qu’à moitié. Il regardait les petites boucles blondes de sa fille voler au gré des mouvements des jeux sur ressort et de la petite brise qui soufflait sur le parc. Elle était radieuse. Il se sentait béni d’avoir une enfant aussi magnifique, enthousiaste, positive. Il admirait aussi sa grande mansuétude. Alors qu’il avait très souvent été absent, elle lui souriait comme au premier jour dès qu’elle le revoyait, sans la moindre rancune, sans aucune bouderie.

Un vieil homme vint accoster les deux jeunes parents. Il avait besoin de discuter avec quelqu’un. Quelques secondes plus tard, Tiffany se précipita sur les genoux de sa mère, coupant les adultes dans leur conversation.

il avait baissé la garde, il ne voyait plus sa fille. il bondit du banc et se précipita vers le toboggan sur lequel elle avait glissé quelques secondes plus tôt.

— Nancy ? répéta-t-il d’une voix plus forte. 

La mère de Tiffany et le vieillard le regardèrent, circonspects. Son sang ne fit qu’un tour. Myers se mit à trembler. Cela ne lui arrivait jamais en opération. Il scruta l’aire de jeux. Personne. Puis, soudain, un rire. 

Des cheveux blonds sortirent d’un tube en plastique rouge qui surplombait une aire de jeux en bois.

— Je suis là !

[remonter]


Jeux en famille de Catherine Steadman aux éditions Les Escales

Voici la présentation de l’éditeur :

Où se situe la frontière entre le jeu et la cruauté ?
Harriet Reed est au comble du bonheur. Son dernier thriller est un best-seller et son histoire d’amour avec Edward Holbeck, l’héritier d’une famille américaine extrêmement riche et puissante, est idyllique. La preuve, ils sont maintenant fiancés ! Mais au moment de rencontrer sa future belle-famille, Harriet oscille entre impatience et inquiétude. Et si on ne l’acceptait pas ?
Elle découvre avec stupéfaction que le manoir familial est le cadre de traditions et de jeux bizarres, voire dangereux. Pour conquérir les Holbeck, elle accepte d’y prendre part, jusqu’au jour où Robert, le chef de famille, lui remet une mystérieuse cassette qui lui révèle un terrible secret… Qu’attend-il d’elle exactement ? Est-elle prête à entrer dans son sinistre jeu ?

Merci à NetGalley et aux éditions Les Escales de m’avoir permis de lire ce roman. Au début, j’ai eu l’impression de m’être trompée, je pensais davantage lire un roman d’amour assez banal plutôt qu’un thriller. Puis le rythme s’est intensifié et l’ambiance a changé progressivement, devenant de plus en plus anxiogène. Dès qu’Harriet est invitée à une rencontre familiale, on comprend le titre du livre ; ces jeux en famille sont très déstabilisants et angoissants !

En avançant dans la lecture, on est tenu en haleine, on essaie de relever et de comprendre les indices. J’avoue avoir été très surprise par la fin ; je ne m’attendais pas du tout à cette révélation ! Comme quoi les apparences sont trompeuses et il ne faut pas se fier à ses premières impressions. C’est très fort de la part de l’autrice et je dis bravo, car à aucun moment je n’ai soupçonné le véritable instigateur de tous les meurtres qui ont pu être commis !

Un bon thriller que j’ai lu rapidement et avec un grand intérêt !

En voici un extrait :

p. 21 :

Il est trop tard pour feindre de ne pas être là, car je n’ai pas fait preuve de la plus grande discrétion. Qu’elle sache que je me cache et refuse de lui ouvrir serait encore moins bonne impression que mon allure négligée.

Je prends une profonde inspiration pour me donner du courage et ouvre la porte.

À la place des traits anguleux de Matilda, je découvre un livreur barbu à la mine pressée. Sans attendre, il me tend une enveloppe blanche et m’invite à signer. Je griffonne mon nom à la hâte, à la fois soulagée et effrayée de la paranoïa qui m’habite. Sa mission accomplie, il s’éloigne sans un mot vers l’ascenseur.

De nouveau seule, je retourne l’enveloppe cartonnée entre mes mains. Mon nom et mon adresse sont écrits à l’encre sur le devant. Je n’ai pas besoin de la décacheter pour savoir qui me l’envoie : aucune de mes connaissances n’utilise d’enveloppe aussi élégante ni ne fait livrer une lettre par un coursier. Matilda m’a écrit. Elle aurait pu me téléphoner, m’envoyer un texto, un email, mais non. Elle m’a fait livrer une lettre rédigée de sa main. Même si on peut tout recevoir à domicile de nos jours, ce n’est pas le plus rapide ni le plus simple pour communiquer. Malgré moi je ressens une pointe d’excitation quand je caresse le papier filigrané.

Je vais dans la cuisine, allume la bouilloire et je m’installe à l’îlot central pour ouvrir mon enveloppe. J’en sors avec précaution une épaisse carte blanche en haut de laquelle sont gravés en argenté les initiales MBH : Matilda Béatrice Holbeck. La sœur d’Edward. la prétendante au trône après lui. Célibataire, cinq ans de plus que moi, seule fille de la fratrie Holbeck. Sous ses initiales, dans une écriture élégante, elle m’invite à la retrouver pour le thé, le lendemain à 16 heures, dans un club privé à la mode de l’Upper East Side.[remonter]

Contre l’espèce d’Estelle Tharreau aux éditions Tornada

Texte de quatrième de couverture :

Le miracle écologique a eu lieu. Partout sur la planète, des recycleurs démontent l’ancien monde et la nature reprend ses droits. Seuls subsistent les hypercentres où chaque acte de la vie est piloté par huit plateformes numériques.
Mais que se passe-t-il lorsqu’il ne reste plus rien à démonter et que les dirigeants de ces plateformes fomentent des projets génocidaires ?
Quel destin attend John, le recycleur désabusé, Futhi, la jeune aveugle presciente, Olsen, le policier subversif, Ousmane, l’homme qui en sait trop, et Rosa, la ravisseuse du petit Willy ?
Tous seront entraînés dans le tourbillon d’un monde s’écroulant dans un grand fracas d’octets.

De la même autrice, j’avais lu Le Festin des vaincus que j’avais vraiment apprécié. Mais, même s’ils sont écrits avec talent et par la même personne, ces deux romans sont vraiment très différents l’un de l’autre.

Nous avons ici un grand roman d’anticipation, très ancré dans notre monde actuel. En effet, au début du livre, on se trouve dans une société hyperconnectée, dont les gouvernements n’ont plus aucun pouvoir, soumise à la gestion de grandes plateformes numériques aux noms évocateurs comme Goolis, Urbis, Paylis, Amazis…

Et, après que se soit produit le Big Bug, plus d’électricité, donc plus de réseaux et rien ne fonctionne. « Ils ne savaient pas quoi faire car ils n’avaient plus de connexion. Ils ne savaient pas quoi se dire, car ils n’avaient jamais rien partagé. Leur vie était en ligne, mais ils n’y avaient plus accès. »

La parole est donnée à plusieurs personnages qui vivent dans des milieux différents, mais dont les destins se croisent parfois. Cette alternance d’histoires et de points de vue est entrecoupée d’interventions provenant d’une radio clandestine qui analyse ce qui s’est passé et les dérives de la société. D’après cette radio, la catastrophe s’est produite en sept étapes, la première étant l’arrivée en 1980 du premier ordinateur personnel d’Apple !

Le lecteur peut constater que, si on se réfère à cette analyse, notre société actuelle en serait au stade 4 !

Les personnages doivent s’adapter à une situation anxiogène qui entraîne également le lecteur et, tout au long du livre, une phrase revient régulièrement : « La question n’est pas de savoir si j’ai le droit de le faire, mais qui pourrait m’en empêcher ? »

Les récits, les descriptions sont parfois d’un réalisme et d’une violence insoutenables ; âmes sensibles s’abstenir ! Mais à aucun moment le rythme ne fléchit et on a du mal à lâcher ce livre dont la lecture est addictive et que j’ai lu en quelques jours. 

Merci à Net Galley et aux éditions Taurnada de m’avoir permis cette lecture.

p. 393 :

Les anciens hommes moururent des fruits de l’abondance : individualisme, enfermement, perte de valeurs, perte de lien social, oubli des contraintes imposées par la condition humaine. L’abondance avait pollué leur esprit, leur corps et leur terre. Puis le grand chaos plongea les anciens hommes dans les ténèbres et la barbarie.

… John, le père fondateur et Rosa, la mère de toutes mères recueillirent les survivants de l’hécatombe. Il leur ordonna de prélever dans les ruines ce qui était utile à leur survie. Dans sa grande sagesse, John détruisit les objets d’abondance que les survivants voulaient conserver. Ainsi, il n’amenèrent avec eux que le strict nécessaire à la fondation de notre communauté.

Dans la peur et la douleur, les survivants, homme, femmes et enfants érigèrent, de leurs mains, les maisons de bois qui les protégeraient du ciel. ils chassèrent les bêtes qui apaiseraient leur faim. ils cueillirent les herbes qui les soigneraient. ils plantèrent les graines qui les nourriraient.[remonter]